Expérience partagée, mission locale et entreprise : la mission locale témoigne
Séverine De Santis,
Développeur emploi à la mission locale de Colombes
Quelles actions menez-vous avec les responsables des magasins Carrefour avec qui vous travaillez ?
Il existe deux types d’actions :
• Les recrutements en nombre : présélection de candidats à partir d’une fiche de poste, préparation aux entretiens, participation aux entretiens de recrutement et aux choix des candidatures retenues. Suivi des jeunes recrutés (y compris après la période d’essai).
• L’organisation de « petits déjeuners » :
A notre demande, le Responsable secteur et le manager paie du magasin Carrefour avec qui nous travaillons, ont participé en mai 2008 à l’un de nos « petits déjeuners » sur le thème des métiers du commerce et de la distribution. Après avoir évoqué leur parcours personnel, ils ont présenté les différents métiers de la distribution (conditions de travail difficiles, mais possibilités d’évolution, diversité des métiers, qualités requises, etc.) et répondu aux questions des jeunes. Ce fut un échange particulièrement enrichissant que nous souhaitons réitérer.
Quelle démarche avez-vous adoptée avec les recruteurs de Carrefour pour favoriser le recrutement des jeunes de votre mission locale?
Nous avons rencontré le service RH IDF qui centralise tous les recrutements sur l’Ile-de-France. S’en sont suivies les actions suivantes :
• Développement de l’évaluation en milieu de travail (EMT) qui permet à la fois de rassurer l’employeur et de laisser une chance à un jeune qui peut ainsi « faire ses preuves ».
• Suivi des candidatures présentées et, le cas échéant, point avec le recruteur pour connaître le motif du refus d’un candidat qui nous permet ainsi d’expliquer et de travailler avec le jeune sur ce qu’il doit améliorer
• Contacts téléphoniques directs pour un suivi concerté d’un ou des jeunes(s)
Dans votre mission d'insertion professionnelle des jeunes que vous apporte l'Animation des Missions Locales?
• L’Animation des ML nous permet de rencontrer des employeurs déjà préparés et disposés à recruter des jeunes et sensibilisés au fonctionnement des missions locales : cela constitue un gain de temps et d’énergie pour les missions locales puisqu’elles peuvent travailler directement avec ces entreprises en évitant tout un travail de « porte à porte » contraignant et pas toujours productif. De plus, une mission locale « isolée » aura forcément moins de « poids » et de crédibilité auprès d’une entreprise (surtout les grands comptes).
• Par ailleurs, à l’occasion de ces rencontres, les échanges entre conseillers, souvent isolés dans leurs pratiques et leurs structures- bien que confrontés aux mêmes problèmes liés à l’insertion des jeunes-, favorisent une « normalisation » des modes de fonctionnement, une harmonisation des pratiques et une approche similaire des entreprises et de l’emploi. Cela améliore là encore non seulement l’image et la crédibilité mais aussi l’efficacité des missions locales.
• Enfin, l’Animation des Missions Locales permet de développer la connaissance de terrain du monde de l’entreprise et du marché du travail et contribue à faire des conseillers des missions locales des acteurs du monde économique.





